Dedans ou dehors ?

Pour emporter son VTT avec soi quand on circule en véhicule aménagé, la méthode habituelle est d’utiliser un porte-vélo, soit fixé sur les portes arrières du véhicule, soit pour les modèles plus endurants, sur un attelage.

Mais ces deux options partagent un inconvénient majeur : le vélo est dehors. Je n’ai pas envie que mon vélo passe ses journées exposé aux intempéries, chaud, froid, pluie, neige ni qu’il soit exhibé ainsi au vu et su de tous.

Je souhaite pouvoir transporter mon vélo la façon la plus discrète et sécurisée possible : à l’intérieur du fourgon.

Oui mais, Marcel n’est pas prévu pour accueillir un vélo de ce gabarit. On pourrait aisément glisser des vélos pliants dans la soute, mais un VTT c’est une toute autre histoire —tout comme le serait un vélo de route j’imagine. Rien que la roue, en 27.5, ne passe ni en hauteur, ni en largeur…

Comment faire alors ?

Il n’y a pas mille solutions : si je veux faire rentrer le vélo dans la soute, il va falloir faire quelques adaptations. M’inspirant de nombreuses vidéos d’aménagement de vans par des riders américains, j’opte donc après réflexion pour la seule solution qui me semble convenir : glisser le vélo en longueur sous le lit, ce qui impose de surélever celui-ci afin que le vélo puisse passer. Il me faudra également retirer la roue avant, sans quoi ça ne pourra pas tenir. Et même ainsi, ce sera juste : la géométrie de mon vélo fait qu’il dépassera très légèrement dans le couloir. Même en retirant la roue arrière, le dérailleur continuerait de dépasser de quelques centimètres, alors je préfère laisser la roue en place pour m’épargner des manipulations salissantes à chaque fois que je veux rouler !

Il faut également tenir compte d’une « propriété » des vélos : je vais le ranger en arrière, c’est à dire la fourche vers la porte du fourgon. Mais en procédant ainsi, la roue arrière va tourner, ce qui entrainera les pédales. Embêtant, elles risquent de rester accrocher à tout ce qui sera stocké par ailleurs dans la soute… Sauf si je me débrouille pour que ce ne soit pas la roue arrière qui tourne, mais qu’elle soit sur un support autonome…

Etape 1 : Le support du vélo

Un double-fond sans vissage ni perçage

Après avoir retiré le lit et le sommier, je m’attaque à la construction du support de l’ensemble. Je ne veux pas arrimer quoi que ce soit dans le sol de Marcel pour deux raisons : j’ignore tout des qualités mécaniques de ce sol, et je ne veux pas l’abimer au cas ou.

J’opte donc plutôt pour un double fond, qui prendra tout l’espace au sol dans la soute, plus un peu à l’extérieur. Pas de vis, il sera simplement tenu en place grâce à une large cornière alu prise en sandwich entre le bâti du véhicule et les portes arrières.

Le support Rockymounts

Vient ensuite le support du vélo lui-même. Il sera tenu principalement via l’axe de la roue avant, prise dans un support de la marque Rocky Mounts. Il en existes probablement d’autres types.

Ce support doit être solidement vissé mais compte tenu du poids de mon vélo, j’assure la chose en renforçant mon double-plancher par une plaque d’aluminium qui agira comme un écrou géant afin de répartir les efforts qui seront exercés par le vélo sur le support pendant son transport.

Un chariot pour la roue arrière

Vient ensuite la réalisation d’un chariot recevant la roue arrière. Ma première tentative était de faire en sorte que ce chariot suive un chemin prédéfini afin de caler automatiquement le vélo le plus possible contre la paroi de la soute en tirant parti d’une cavité (accès aux batteries) ou pouvait se loger la pédale. Bonne idée sur le papier, mais mal réalisée : au bout de quelques sorties, la poussière, le sable et les petits cailloux ont eu raison de mon système.

Afin que la roue arrière soit bien maintenue par le chariot, celui-ci est incurvé. Il est muni de quatre roulettes qui lui permettent de facilement aller et venir, et d’emporter le vélo sans que les pédales ne bougent.

Cela demande un peu de pratique, mais s’avère bien plus fiable que la première version et son rail de guidage.

Pendant le transport, le chariot et la roue arrière sont maintenus en place par un simple élastique. Probablement pas indispensable, mais cela évite les mouvements latéraux.

Partie 2: Et on dort comment, maintenant ?

Voilà donc un vélo qui peut aisément entrer et sortir du van, mais… il n’y a plus de lit ! Nous allons le réintroduire, après lui avoir construit un sommier surélevé pour passer au dessus du vélo.

Pour que la structure puisse être installée et plus généralement manipulée, elle sera composée en plusieurs parties. L’agencement dépend des points d’appui existants, chez moi j’ai deux grands coffres de part et d’autre de la soute que je vais utiliser comme supports.

Les supports constitués d’un tasseau de 9x9cm

Les trois parties de sommier surélevées seront réalisées en bois : poutres pour les pieds, tasseaux pour rigidifier, et contreplaqué pour le sommier lui-même.

Les découpes pour emboiter les lattes de maintien du sommier

Les pieds sont encochés pour recevoir les différentes traverses qui assureront la rigidité de l’ensemble. Leur hauteur dépend évidemment de chaque situation, dans mon cas ils font environ 25cm.Pas rien !

Une fois la structure de base vissée, on peut découper les trois planches qui feront office de sommier. Ne pas oublier de créer des aérations afin que le matelas « n’étouffe » pas !

Les lattes de maintien se mettent en place

Quelques vis supplémentaires et quelques coups de vernis, et l’ensemble s’emboite et se déboite aisément. Là encore, je n’ai aucune vis prise dans le véhicule ou la menuiserie existante : cela ne tient que parce que ça ne peut pas aller ailleurs. D’autant plus une fois que le matelas recouvre l’ensemble.

Le sommier, avant d’y percer les trous d’aération

Pour accéder au lit, devenu trop haut pour simplement grimper dessus, j’utilise un petit tabouret pliant, stocké quand il ne sert pas dans la salle de bains à côté du bloc WC. Zero perte de place !

Un marchepied pour monter sur le lit…

Partie 3: ré-aménagement de la soute

Maintenant que le vélo est dans la soute, et que lit est de retour, il reste à trouver comment ranger un maximum de choses dans cette soute arrangée. Encore une fois cela va énormément dépendre de l’agencement du véhicule, dans mon cas j’ai pu créer une demi-largeur de soute à côté du vélo, sur laquelle je peux disposer deux étages de boites en plastique avec diverses choses.

Cette étagère est tenue en place sur le rail d’origine qui supportait le niveau supérieur de la soute et ses systèmes d’attache, plus deux fixations magnétiques de type portes de placard. Les pieds de l’étagère sont simplement posés dans des logements vissés sur le double-fond, ce qui leur proscrit tout mouvement pendant que l’on roule.

En plus de cette étagère, je peux également exploiter tout l’espace situé au dessus des coffres latéraux, sous mon nouveau sommier. Au final, je peux stocker plus de choses dans la soute maintenant, sans parler du vélo !

Il reste un dernier élément à faire : une porte de séparation entre la soute et la partie d’habitation. En effet avec 25cm de plus, la porte d’origine ne convenait plus…d’autant qui faut dans mon cas prévoir le passage de la roue arrière.

Quelques mesures, quelques découpes et voici une porte sur mesure qui ferme du mieux qu’elle peut. Elle a une forme bien étrange, je vous l’accorde ! Elle est maintenue fermée par un loqueteau de porte de jardin, qui parfois s’ouvre en roulant. Il faudra que j’améliore cela, probablement en ajoutant une fermeture magnétique.

En conclusion

J’ai longuement envié les vttistes américains avec leur fourgons aménagés sur mesure que l’on peut suivre sur youtube. Mais avec un peu d’imagination, j’ai pu adapter mon fourgon de série et transporter en toute discrétion et sécurité mon VTT, dans la soute.

On ne peut pas dire que je perde en confort avec ce lit surélevé, mais je perds en hauteur au dessus de ma tête. Cela n’est pas dérangeant pour dormir, le lit n’a pas diminué en dimensions, mais est un peu moins adapté pour chiller le soir devant un bon film ou avec un bon livre.

Je pense que si je n’étais pas seule dans le fourgon, le lit surélevé serait probablement moins gérable : crapahuter au dessus de l’autre pour monter et descendre, avec la hauteur réduite, serait vraisemblablement vite un souci !

Rentrer et sortie le vélo de la soute se fait plutôt aisément, mais demande un petit coup de main malgré tout. Les premières fois, on s’y reprend souvent à plusieurs reprises, mais ensuite cela devient bien plus fluide.

Au final la solution me plait, mais comme on en veut toujours plus, je me demande bien s’il serait possible d’emporter un second vélo… toujours dans la soute bien sûr !

2 réflexions sur “Comment ranger un VTT dans la soute d’un fourgon aménagé ?”

  1. Hello
    j’avais pensé un aménagement similaire pour un fourgon aménagé que j’aimerai acheter. Ton fourgon est un 6m ou 6m40? Lit longitudinal?

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