Introduction

J’ai récemment tenté une sortie plus ambitieuse pour moi que la normale : me tester sur une sortie avec plus de 2000 mètres de dénivelé positif cumulé. Pour ne rien arranger, j’ai « choisi » une journée particulièrement chaude et ça n’a rien arrangé… Mais justement, cette sortie s’est avérée plus difficile que je n’avais anticipé ce qui m’a fait me poser plein de questions sur tout. A commencer par, scientifique que je suis, savoir s’il y avait moyen d’estimer sa capacité en dénivelé positif sur une seule sortie…

Contexte

Quand on fait du vélo, on avance grâce à la force qu’exercent nos jambes sur les pédales. Certains y ajouteront une assistance électrique, mais je ne tiens pas compte de celle-ci ici.

Cette force provient de notre organisme, on peut donc aisément comprendre qu’elle n’est pas infinie : plus il est solicité, plus il se fatigue et moins il est efficace. Dans les très grosses lignes. Et cela n’a rien de linéaire : la fatigue n’est pas proportionnelle à l’effort demandé, mais augmente de façon « exponentielle ».

Trois cas de figure

Le plat

A part dans les phases d’accélération, l’effort fourni ne sert qu’à compenser les pertes dues aux frottements : pneus sur le bitume, chaine sur les pignons et force de résistance du vent généré par la vitesse de déplacement. Plus on va vite, plus l’aérodynamisme prend de l’importance, car la résistance du vent dépend du carré de la vitesse. A noter que le poids n’intervient que lors des phases d’accélération : une fois que la masse est lancée, elle n’intervient plus.

La descente

En descente, la gravité joue en notre faveur en « tirant » le vélo dans la pente. Il est donc besoin de pédaler d’autant moins vite pour compenser les frottements rencontrés sur le plat pour conserver sa vitesse que la pente augmente.

La montée

L’énergie que la gravité nous « offre » en descente vient de quelque part : la montée. D’une manière ou d’une autre, avant de descendre il a fallu monter -que ce soit la remontée mécanique dans une station VTT ou les jambes qui ont pédalé pendant 1h sur un col de montagne. Le gain d’altitude est « stocké » sous forme d’énergie potentielle de pesanteur, c’est elle qui est libérée durant la descente. Évidemment, une partie de l’énergie continue d’être utilisée pour lutter contre les frottements divers et variés comme sur le plat.

Cette énergie potentielle de pesanteur vient du mouvement ascendant du vélo, qui dans le cas qui nous intéresse est rendu possible par la seule force des jambes. C’est donc notre organisme qui produit la produit à la base.

Plus ça monte fort, plus c’est dur (sans déc’ !)

Euphémisme n’est-ce pas ! Mais si j’insiste sur ce point, c’est car chacun aura déjà fait l’expérience que soulever une charge 2 fois plus lourde est plus de 2 fois plus dur. C’est la que la réponse métabolique qui produit la force n’est pas linéaire. Dit autrement, on pourra grimper plus facilement 1000m de dénivelé à 2% qu’à 20%. Pourtant la quantité d’énergie à fournir est la même. Mais pas la puissance instantanée ! Et ce d’autant plus qu’on sollicite fort notre organisme.

C’est là qu’intervient la condition physique…

Condition physique, force et endurance

Pour tenir un effort prolongé, il vaut mieux rester dans un effort relativement aisé. Ce qu’est un effort aisé dépendra largement des capacités de chacun, et une mesure communément utilisée en cyclisme est celle de la FTP (Functional Threshold Power).

La FTP mesure la puissance maximale qu’un cycliste peut soutenir durant une heure. C’est un test atroce à faire, alors on le réduit généralement à 20 minutes (ce qui n’est déjà pas agréable) plus un peu de cuisine pour l’extrapoler sur un effort d’une heure.

Schématiquement, pour un cycliste donné, en une heure à puissance FTP, il sera cuit. Au double de cette puissance, l’effort ne durera pourra durer qu’une poignée de minutes. Alors qu’à la moitié de la FTP, l’effort peut être tenu quasi indéfiniment. Non linéaire je vous disais !

L’idée est donc de rester dans une puissance raisonnable par rapport à sa FTP, afin de pouvoir la tenir longtemps sans s’épuiser.

Cadence de pédalage

A puissance donnée, le cycliste peut choisir de « mouliner » (tourner les jambes vite, grâce à une vitesse rapide) ou au contraire « forcer » en tournant les jambes doucement avec un petit pignon.

L’effort à fournir par l’organisme n’est pas du tout le même dans ces deux extrêmes, et chaque cycliste a sa propre cadence à laquelle il est confortable.

Là aussi l’idée est donc de rester autant que possible proche de cette cadence de confort. Si elle ralentit trop, l’effort requiert beaucoup de force et provoque généralement une fatigue musculaire supplémentaire.

L’outil

Comme nous l’avons vu, de nombreux paramètres entrent en ligne de compte. Et encore, j’ai simplifié pas mal de choses.

Mais la plupart de ces choses sont liées les unes aux autres ce qui permet de calculer la pente moyenne maximale faisable en fonction de ces différents paramètres, et en ajoutant la durée maximale soutenable de l’effort, le fameux dénivelé cumulé maximal. Je ne dis pas que l’on ne peut pas grimper plus raide, mais en le faisant on dépensera plus d’énergie, ce qui comme on l’a vu peut conduire à se fatiguer beaucoup plus vite, ce qui entamera probablement le total de dénivelé réalisable au cours de la sortie…

L’objectif de cet outil est d’aider à gérer son effort dans le cadre d’une montée longue, mais rien ne vous empêche de voir quelle puissance il faut sortir dans votre côté préférée pour exploser le XOM strava !

J’insiste sur le fait qu’il raisonne sur une pente moyenne, ce qui s’avère rarement le cas sur le terrain, et tout particulièrement les pistes de terre ou les sentiers. Tout ce qui dépassera la pente moyenne calculée entamera d’autant la capacité totale. Mais c’est la vie ma p’tite Lucette !

Vous pouvez ajuster chacun des paramètres, en fonction de quoi la pente et le D+ maximal seront automatiquement recalculés, de même que quelques informations connexes. Je suis toujours sciée de constater combien la dépense énergétique augmente vite quand la pente devient raide. Et encore, c’est sans tenir compte de la réponse non linéaire de l’organisme…

Alors, prêts à attaquer des dénivelés de folie ? Ou au contraire pensez-vous plutôt changer de transmission pour pouvoir grimper plus raide ? Dites-moi tout dans les commentaires !

Conclusion

En saisissant mes paramètres dans cet outil, je trouve le résultat étonnamment proche du D+ que j’ai réalisé : 2350m. Comme quoi, c’était probablement réellement dur, puisqu’il faisait un bon 38 degrés sur la majeure partie du tour…

Mais je vais finir sur cette question : me serais-je lancée dans cette sortie si j’avais eu un tel outil ou serais-je restée en deçà par crainte ? Vous avez 4 heures !

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