Toute sortie commence par plus ou moins de préparation. Qu’on parte à pied, à vélo ou à dos de chameau, c’est toujours mieux de savoir ou on va mettre les pieds. Ou les roues, en l’occurrence.

Je vais te partager mes app préférées pour préparer les itinéraires de mes sorties.  Mais je te préviens tout de suite : ce n’est pas une science exacte et la méthode évolue un peu à chaque fois. 

On ne parlera pas ou très peu du matériel que j’emmène avec moi, tout comme de la manière de suivre l’itinéraire une fois qu’on y est. C’est la phase amont qui nous intéresse. Celle de trouver un itinéraire, d’essayer de le peaufiner pour  qu’il passe par des endroits cool. 

Le tout sans  vraiment connaitre la région ou l’on se trouve.

Eh oui, en étant nomade, je n’ai la plupart du temps qu’une très faible connaissance préalable des sentiers disponibles.

Juste pour qu’on soit bien d’accord : je ne prépare pas d’itinéraires complètement sauvages. J’essaie de rester sur des sentiers existants, balisés ou au moins lisibles. Même si parfois, je me retrouve à passer au milieu de nulle part car la carte n’était pas à jour avec le terrain. Mais ça c’est une autre histoire !

Pour moi il y a 3 façons d’aborder la préparation d’une sortie : 

  • La bonne vieille carte
  • Les générateurs d’itinéraires plus ou moins sophistiqués
  • Les banques d’itinéraires

Il existe aussi la méthode la plus bête qui soit : zéro prépa, tu sautes sur le vélo et tu roules au petit bonheur la chance. Avoir une carte ou bien connaitre la région est quand même fortement recommandé !

Ça peut être très marrant, et j’avoue que j’aime bien mais puisqu’on veut parler de préparation, c’est hors sujet. Donc.…

Méthode 1: La bonne vieille carte

Qu’elle soit papier ou numérisée, la carte c’est bien l’élément de base totalement indispensable. 

Comme on est au 21ième siècle, on va surtout parler d’apps de cartographie sur smartphone. Il en existe pas mal, avec divers types de cartographies de différentes qualité et différents prix.

Pour ma part, j’utilise l’application Iphigénie sur iPhone depuis plusieurs années, avec l’abonnement annuel pour avoir l’accès aux cartes topographiques en France (les fameuses cartes IGN). 

Il doit y avoir un équivalent sur Android, mais je ne connais pas cette plateforme.

Pour bien comprendre, une app comme Iphigénie n’est qu’un visualiseur d’image survitaminé. Les cartes sont d’énooooormes images, découpées en petit carrés appelés tuiles. Mais en réalité, le fait que cela représente une carte n’est qu’une convention : on pourrait très bien l’utiliser pour visualiser une image géante de mickey-mouse, l’app n’y verrait aucune différence.

Ce mécanisme de tuiles permet d’ailleurs d’afficher plein de cartes différentes : Openstrteetmap, géologiques, cadastre… et même des cartes hors France : les cartes IGN Espagnoles sont disponibles et à priori, gratos.

Je précise ce point car à la différence des apps dont on parlera juste après, iphigénie ne sait absolument pas ce qu’est une route, un cours d’eau ou un sentier.

C’est juste la version numérique de la carte papier.

Pour pleinement utiliser une telle app, il faut donc savoir interpréter correctement la carte pour y trouver les sentiers, pistes et chemins qui nous intéresse, et les relier ensemble pour construire son itinéraire. 

Pour alimenter les choses j’aime bien me baser sur des sentiers balisés comme les PR, Petites Randonnées, qui sont souvent des boucles. 

On ne les trouve pas souvent sur la carte, mais sur des panneaux directement sur le parcours dans les villages et parkings. Pas mal de « au p’tit bonheur la chance » dans cette histoire !

Pour nous aider à mémoriser cela, on peut dessiner au doigt une trace GPS directement sur la carte. Un peu comme on tracerait au crayon sur une carte papier.

C’est roots, mais c’est infaillible.

Une fois qu’on a tracé un itinéraire, on peut l’exporter vers d’autres applications, ou l’utiliser tel quel grâce au mode suivi de trace.

Bon, on ne va pas se mentir, c’est une méthode aux résultats plutôt incertains qui dépend énormément de sa propre compétence à bien lire la carte, mais aussi et peut être surtout de la qualité de la carte elle-même.

A ce sujet, j’ai constaté que les cartes topographiques Espagnoles sont assez pauvres en sentiers. On y trouve surtout les GR, mais tout ce qui touche aux sentiers locaux type PR est le plus souvent absent. Même un bon nombre de pistes n’y figurent pas. Ce qui n’aide pas à la chose !

Méthode 2 : Les générateurs d’itinéraires

Cette fois, on va laisser un algorithme plus ou moins sophistiqué construire un parcours en fonction de critères qu’on va lui donner.

Pour ça, il faut une carte que l’on appelle « routable ». C’est à dire qu’il faut des informations que la machine peut comprendre sur la structure du réseau de routes et de sentiers : intersections, portion de sentier, pont, etc. Plus il y en a, mieux ce sera : ça peut aller jusqu’au type de revêtement du sol, combien c’est cassant…

J’utilise principalement deux applications dans cette catégorie : Komoot et Strava. On va parler des deux.

Komoot est assez connue en Allemagne (c’est allemand), et pour ceux qui regardent la chaine GMBN vous en avez peut être déjà entendu parler puisqu’ils sont partenaires.

Son point fort est d’avoir des notions des différentes activités de plein air : rando, vélo de route, gravel, VTT. Il saura donc par exemple qu’on quitte jamais le bitume en vélo de route, ou qu’on aime les pistes pour grimper et les sentiers pour descendre en VTT.

Komoot fonctionne sur une base de carte « Openstreetmap », comme à peu près toutes les apps, moulinée à leur propre sauce. En version payante, on dispose de cartes spécifiques par activité qui mettent en avant les sentiers balisés ou parcours spécifiques à l’activité. Enfin ça dépend des zones, ça reste quand même assez clairsemé dans l’ensemble.

Pour se construire un itinéraire, c’est assez simple : on choisit d’abord le type d’activité que l’on veut. Puis on pose un premier point de passage. Il nous trouve direct un itinéraire adapté à la pratique reliant notre position actuelle au point sélectionné. On peut modifier le sport pour voir l’itinéraire s’adapter en conséquence, bouger le point, ajouter d’autres points de passage, et voir l’ensemble se mettre à jour en temps réel.

Il faut quand même une connexion internet pour calculer un itinéraire, l’algorithme n’est pas dans l’application elle-même. Un peu dommage car au milieu de la cambrousse, ça ne fonctionnera. pas.

L’option « boucle » est super intéressante : elle permet d’entrée de jeu d’éviter de passer par le même chemin à l’aller et au retour.

Pour être sur de passer par les sections les plus cool de la région, Komoot propose des « Incontournables » : points ou sections, créés par les utilisateurs, qui valent le détour. Un point de vue, un sentier cool, etc. Que l’on peut aussi intégrer à son itinéraire pour y passer.

N’oublions pas toutefois que komoot est plutôt généraliste donc on ne trouvera pas vraiment de grosses sections de DH bien fracassées !

Les itinéraires proposés sont généralement plutôt intéressants, sous réserve que la carte soit localement bien renseignée ce qui dépend très fortement des régions. Mais ça une constante donc on ne va pas épiloguer là dessus.

L’autre app dont j’aime bien me servir, c’est Strava. Oui le truc avec les segments, les KOM/QOM et tout le toutim.

Mais dans sa version premium, il est possible d’utiliser son énorme base de données de traces pour produire des parcours de façon presque magique, empruntant donc de préférence les portions qu’apprécient ceux qui ont roulé dans le coin précédemment. Les plus fréquents, donc.

On ne dispose que de très peu d’options pour contrôler l’algorithme : le type de sport, la distance souhaitée, une appréciation sur le dénivelé, et la préférence « route / chemin de terre ». A partir de ça, il propose trois parcours, dont on peut afficher quelques détails.

Je trouve que c’est un excellent moyen d’avoir une première idée de parcours quand il n’apparait vraiment rien d’évident sur les cartes.

Il y a aussi une certaine part d’inconnu dans ces itinéraires : on ne sait pas trop si ce sera de la piste de terre de bout en bout, on s’il y aura des passages techniques… A double tranchant, donc !

L’idéal étant d’exporter ce parcours vers Komoot, par exemple, pour avoir un autre regard dessus et pouvoir éventuellement le modifier. Mais il faut pour cela passer par la version ordinateur de Strava, c’est un un peu relou.

Méthode 3: Les banques d’itinéraires

La dernière méthode, la plus « simple » mais pas forcément la plus fiable, c’est de chercher un itinéraire que quelqu’un d’autre a déjà fait.

Il existe une foule d’applications de ce type : 

Wikiloc, Uttagawa, OpenRunner, ou même Komoot.

J’utilise là aussi deux applications assez différentes pour ça : Wikiloc et Trailforks.

Wikiloc, je pense que tout le monde connait plus ou moins : c’est un peu comme un wikipedia, mais de traces GPS.

Chacun peut charger une trace GPS, qui sera alors disponible pour tous les autres utilisateurs de la plateforme. 

Pour s’en sortir dans les tétrapiles de parcours, on les recherche selon divers critères : sport, distance, dénivelé, etc. 

Mais même là, il y en a souvent énormément, donc pas mal de traces pourries.

Ceci dit, on peut trouver de bonnes chose à condition d’y passer un peu de temps.

Pour être honnête, Wikiloc est généralement mon dernier recours. Je trouve qu’il y a vraiment trop de traces trop anciennes ou sans aucun intérêt.

Si toutefois on trouve quelque chose, on peut comme à chaque fois exporter la trace (enfin, avec la version premium uniquement…) et la peaufiner ailleurs, notamment dans Komoot. Oui, je reviens souvent à Komoot, je le trouve vraiment bien pensé.

Venons-en à l’autre application dans cette catégorie. Probablement largement moins utilisée en Europe. C’est Trailforks.

C’est une application hyper utilisée outre atlantique, née par et pour les VTTistes (c’est Pinkbike qui est à son origine). Même si elle s’ouvre depuis récemment à d’autres pratiques de plein air.

Pour utiliser l’application, il faut obligatoirement un abonnement (quelques euros par an), sauf si l’on reste dans sa région « gratuite », que l’on choisit au début. Autour de chez soi, ou dans la forêt ou on va rider le plus souvent.

Sa particularité, c’est qu’elle est orientée sentier, et non pas itinéraire complet. 

Chaque trail est ainsi doté de plein d’informations utiles pour le VTT : niveau de difficulté (vert, bleu, rouge, noir, « pro line »), le profil altimétrique, des photos, des commentaires de riders, parfois même des vidéos…

Les voies d’accès sont souvent matérialisées aussi pour aider à rejoindre les trails les uns après les autres et ainsi se construire un parcours généralement vraiment fun.

Le hic, c’est qu’il n’y a pas de sentiers répertoriés partout. Vraiment pas, en réalité. Comme c’est totalement collaboratif, il faut un minimum d’investissement des associations locales pour répertorier les sentiers. C’est d’ailleurs l’objectif de cet app : proposer une plateforme de suivi et gestion des trails à toutes les assos locales, tout en permettant à chacun de pratiquer les meilleurs sentiers du coin.

Clairement y’a encore du boulot. J’essaie de participer, j’en ai créé quelques uns d’ailleurs, mais ça demande du temps c’est vrai.

N’empêche que quand on est dans une zone couverte, c’est vraiment bien cool !

Le meilleur de tous les mondes ?

J’ai divisé les apps en trois groupes mais en réalité, la plupart sont à cheval sur plusieurs groupes, et c’est une bonne chose.

Komoot par exemple peut aussi bien servir simplement de carte que de banque d’itinéraires.

On peut parfaitement exporter un itinéraire depuis Strava (sa version Web, comme je le disais) vers Iphigénie.

Ce qui permet de tirer parti des avantages de chaque app pour peaufiner ses itinéraires.

Avec toujours la même limite : si la carte n’a pas d’infos exploitables, on n’obtiendra pas grand chose, quelle que soit la méthode.

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