Pour se remémorer les choses

A peine de retour de mon roadtrip UK / écosse, début novembre 2019 je me ruais chez le vélociste du coin pour me renseigner sur les VTT à assistance électrique. Le vélo, j’en ai fait depuis que je suis toute petite. Le VTT, j’en ai eu un étant ado mais c’était lourd, peu fiable, et dur : j’ai vite jeté l’éponge. La promesse de l’assistance est plutôt aguichange : affronter les monter sans crainte, tout en conservant tous les avantages d’un vélo que sont le sport, le pilotage, la capacité de franchissement et une acceptation plutôt généralisée semblait formidable.

Ni une, ni deux, je suis ressortie avec un Lapierre Overvolt TR 4.4 édition 2020.

Un an après

Un an plus tard, je sais que j’ai bien fait de craquer ce jour là. Plus de 3000km en une année, près de 50000m de dénivelé positif : on peut dire que le virus a bien pris ! J’y trouve le plaisir de pilotage, certes, mais aussi un plaisir de faire simplement de l’exercice physique, de repousser mes limites et de progresser.

Un vélo très cohérent

Le vélo que j’ai choisi est un vélo de type trail, c’est à dire fait pour les sentiers de technicité modérée. Pas pour de la descente endiablée ou des figures de slopestyle. En cela, je trouve que c’est un vélo parfaitement cohérent. Ses équipements sont en adéquation avec la pratique trail : une tige de selle téléscopique commandée au guidon, 12 vitesses en monoplateau, suspension intégrale, 130mm à l’avant et 120 à l’arrière, des pneus larges et des freins à disques puissants mais sans excès. Les 500Wh de la batterie permettent sans problème de faire de bonnes sorties sans avoir le regard vissé sur la jauge de batterie – voir à ce sujet mon test d’autonomie.

Est-ce le bon vélo pour moi ?

Voilà une question délicate que l’on se pose forcément une fois que les gouts s’affinent, que la pratique se précise. Pour faire court, si je devais acheter un nouveau vélo demain, je ne reprendrai pas le même.

Ma pratique s’oriente vers du All-Mountain (souvent appelé enduro, alors que l’enduro est en fait un format de course en all-mountain, bref), ce pourquoi on préfère avoir plus de débattement et un freinage plus puissant.

Un autre aspect est celui du poids du vélo. Avec ses 24kg, il me fait penser à la Gotway Monster : tant que ça roule, tout va bien, mais les ennuis commencent quand il faut soulever… et cela arrive nécessairement, que ce soit un tronc d’arbre qui barre le sentier, un passage trop technique ou n’importe quoi d’autre.

J’intègrerai donc ces deux critères dans mon choix : plus de débattement, un meilleur freinage et un poids moindre. La quadrature du cercle, en somme !

Et la gyroroue dans tout ça ?

Ah, la question de la gyroroue. Ca aussi, on peut dire que le virus a bien pris ! Mais force est de constater que je tire aujourd’hui plus de satisfaction d’une sortie en vélo dans les sentiers que d’une balade en gyroroue. Je n’aime pas trop les comparer, car de sont deux véhicules radicalement différents, mais lançons nous tout de même dans un petit comparatif très subjectif :

La gyroroue

La gyroroue offre une glisse sans faille, presque magiquement commandée par la pensée (en fait par de subtiles transferts de poids du corps). Sur surface lisse, c’est un vrai tapis volant. Sur surface plus accidentée, cela se complique mais reste possible jusqu’à une certaine limite. Les ennuis commencent précisément quand on part à l’aventure : on ne sait pas réellement ce que l’on va rencontrer.

Alors bien souvent, il faut pousser / porter la roue dans les parties trop techniques.

Cela nuit énormément au plaisir de la sortie, en tous cas pour moi. C’est aussi, à mon sens, un mode de déplacement trop peu actif : à moins de chercher à faire des sauts ou des acrobaties, la gyroroue ne demande que très peu d’engagement physique. A tel point que je constatais, à force d’en faire encore et encore, que mon capital forme avait tendance à se dégrader. Déjà qu’il n’était pas phénoménal…

Le VTT

Le VTT, chacun le sait, demande de pédaler pour avancer. Grâce à l’assistance, l’effort à fournir est réparti plus ou moins entre le moteur et le pilote, selon le mode d’assistance choisi. Mais il faut dans tous les cas appuyer sur les pédales pour avancer.

C’est une première différence fondamentale : cela reste sportif ! Inutile de chercher à comparer le type de pilotage ou les capacités à franchir des sections techniques : le VTT permet naturellement grâce à ses deux roues un pilotage infiniment plus sophistiqué qu’une gyroroue. A condition de savoir faire, bien entendu, point sur lequel j’ai énormément de marge de progression.

Reste l’aspect « acceptation », ou le vélo l’emporte également largement : dans à peu près n’importe quel pays du monde, le vélo est connu, accepté et encouragé. La gyroroue, ou les EDPM en général, le sont très largement moins, et bien souvent même carrément interdits ! Pour une voyageuse, pouvoir pratiquer sans se prendre la tête avec des questions de « droit ou pas de rouler » est très reposant.

Pour conclure

Vous l’aurez compris, je me sens aujourd’hui plus VTTiste que Wheeleuse. A dire vrai, si ma fidèle Tesla voyage encore avec moi dans mon van Marcel, cela fait bien longtemps qu’elle n’a pas roulé… alors que le vélo roule quasi tous les jours !

Ce Lapierre Overvolt TR 4.5 de 2020 me satisfait, déjà parce qu’il m’a permis de découvrir la discipline sur une monture bien conçue ! Mais ma pratique évolue et il est probable qu’un jour, je change de vélo.

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